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Tout est paysage

Biennale Art Contemporain et Patrimoine, parc d’Enghien


De 14h à 18h - tous les jours du 8 au 23 septembre 2018

Le Parc d’Enghien, un formidable ensemble naturel et patrimonial !

Texte de Christian Debruyne

Si la famille de Luxembourg est la première à enserrer le vaste domaine de plus de quatre kilomètres de remparts courant du XVe siècle, c’est sous l’impulsion de la sérénissime maison d’Arenberg que celui-ci va connaître un essor exceptionnel.

Au début du XVIIe siècle, Henri IV, roi de Navarre et futur roi de France, ambitionne de vendre ce qu’il considère comme : « une ruineuse possession ». C’est le Prince-Comte Charles d’Arenberg qui se portera acquéreur du domaine en 1607.

C’est le début d’une période faste qui verra la naissance de l’un des plus beaux jardins d’Europe. Cours, jardins, espaces boisés, trésors architecturaux… contribuent à façonner un joyau aux mille facettes. Enghien écrit ainsi une page importante de son histoire et devient, grâce à son splendide parc, une cité reconnue par les plus grands d’Europe. Madame de Montpensier, après une visite en 1671, s’extasiait de la sorte : « C’est la plus belle chose du monde, et la plus extraordinaire. »

Immédiatement après l’acquisition du domaine, le Prince-Comte d’Arenberg et son épouse Anne de Croy entreprennent les premiers travaux. Le parc, laissé à l’abandon depuis plus d’un demi-siècle, a en effet besoin d’un sérieux rafraîchissement. Les premiers travaux consistent à restaurer l’ancienne forteresse féodale, les dépendances et la ferme de la Cense. Par la suite, le maître-jardinier de Mariemont entame la restauration proprement dite du parc.

C’est entre 1636 et 1660 que naîtront cinq jardins clos réalisés dans l’esprit Renaissance. Ces compositions réputées pour leur esthétisme étaient ceinturées par un vaste rectangle aux dimensions impressionnantes (220m de long sur 152m de large). A l’heure actuelle, seuls les jardins des Fleurs et des 7 Étoiles ont pu être entièrement reconstitués grâce au soutien des Communautés européennes.

Le Jardins des Fleurs apparaît comme un grand carré entouré par d’impressionnantes charmilles. Quatre carrés bordés d’un jeu de buis agrémentent le jardin. Au centre des quatre surfaces dessinées à la perfection se dresse un bassin aux formes intrigantes. Quant au jardin des 7 Étoiles, celui-ci représente sans conteste le fleuron du domaine d’Arenberg. Edifié vers le milieu du XVIIe siècle, ce parfait heptagone dresse son imposante stature au point le plus élevé du parc d’Enghien. L’ouvrage positionné au milieu d’un bassin sphérique de 42m semble observer l’alignement minutieux des 14 allées bordées d’arbres qui convergent en son centre.

Toujours du côté botanique, le Parc d’Enghien offre également au visiteur la possibilité de découvrir de belles réalisations contemporaines. Outre la roseraie dédiée à Louis Parmentier et ses compositions multicolores, le Conservatoire Européen du Dahlia occupe une place de choix dans le cœur des amateurs d’espaces floraux.

Mais la visite du parc d’Enghien ne serait pas complète sans s’attarder sur son riche patrimoine bâti. Outre le splendide pavillon des Sept Étoiles, le domaine d’Arenberg abrite aussi la tour de la chapelle castrale (seul vestige de l’ancien château érigé au XIIIe siècle), les écuries qui autrefois accueillaient plus de septante chevaux, le pavillon Chinois qui date de 1657 avec ses magnifiques stucs, le pavillon aux Toiles décoré de scories de fer et de céramique, la porte des Esclaves érigée en 1720 ainsi que le château construit par le célèbre architecte parisien Alexandre Marcel pour le compte de la famille Empain, propriétaire du domaine jusqu’en 1985. Le parc d’Enghien héberge également d’autres réalisations remarquables, telles que le pilori, la colonne de Steenkerque, un important statuaire, des fontaines, des étangs, des ouvrages hydrauliques…

Propriétaire du domaine depuis 1986, la Ville d’Enghien s’est engagée à préserver ce patrimoine exceptionnel mais également à doter le parc de nouvelles infrastructures pour séduire un public toujours plus nombreux. Pas moins de 200 000 personnes ont visité le parc en 2017 !

Christian Debruyne

Tour de la Chapelle castrale

Le grand canal

Le Pavillon des sept étoiles

Vue aérienne du pavillon des sept étoiles