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Le cadre du parc d’Enghien nous permet, pour une sixième fois, de mettre en relation un patrimoine d’exception et des artistes d’aujourd’hui. Lors de chaque édition, nous imaginons un fil conducteur. Ici, l’idée, si capitale, deTenir debout.


Construire est toujours un rêve.


Architecturalement, c’est l’idée de protéger, d’édifier un nid pour soi et ses proches ou un espace où l’on peut se réunir pour être ensemble, naître, apprendre, rêver, rire, se réconcilier, se soigner … Humainement, c’est façonner une vie, la charpenter au filtre de convictions et de valeurs.


Les artistes réuni.e.s dans le cadre de cette édition se répartissent entre ces deux pôles.


Construire, c’est faire société, être actrice et acteur de nos vies. Que les constructions soient fortes ou fragiles, tirées du réel ou fantasmées, qu’elles soulignent la réalité de notre époque ou dessinent une vision plus douce du monde qui nous entoure, une chose est certaine : «Tenir debout»fera toujours de nous des personnes porteuses d’espoir.


Myriam Louyest
& Christophe Veys

Commissaires

Dès l’origine de cette manifestation, nous avons souhaité donner un éclairage complémentaire à chacune des éditions grâce à un texte commandé spécialement à une autrice ou à un auteur de la Fédération Wallonie-Bruxelles.


Après Dominique Costermans, Stéphane Lambert, Caroline Lamarche, Stefan Liberski et Françoise Lison-Leroy, c’est à Antoine Wauters que nous avons confié le texte qui introduit cette édition.


Poète, romancier et scénariste, Antoine Wauters s’est imposé en quelques années comme l’une des voix majeures de la littérature francophone contemporaine. Son œuvre, traversée par les thèmes de l’enfance, de la fragilité humaine, de l’exil et du lien au vivant, se distingue par une écriture à la fois lumineuse et profondément habitée.


Traduit dans plusieurs langues et salué bien au-delà des frontières belges, il est l’auteur notamment de Mahmoud ou la montée des eaux, récompensé par le prix du Livre Inter et le prix Wepler, de Le plus court chemin, prix Victor Rossel 2023, et de Haute-Folie, couronné par le prix Jean Giono 2025. Il a également reçu le prix Goncourt de la nouvelle pour Le Musée des contradictions.


En accueillant Antoine Wauters, la Biennale d’Enghien met à l’honneur une œuvre qui, livre après livre, explore les blessures de notre temps tout en laissant une place essentielle à la beauté, à l’enfance et au vivant.

© Lorraine Wauters

Construis-toi un lieu bien réel où tu peux complètement te réfugier et te sentir chez toi, mais ne le construis pas le long des grands axes, ni au fin fond de la forêt, construis-le à chaque fois que tu écris, que tu peins, que tu cuisines ou que tu marches, construis-le avec le matériau le plus fragile dont tu disposes, avec ton propre silence, avec toi.


*


Dans la mesure du possible, fais que ta vie solitaire ne te rende pas inapte à la société, c’est-à-dire, si tu n’as plus de courage pour toi, trouves-en pour ce qui te dépasse, concrètement, troue la peau de ce vieux monde qui ne fait plus rêver personne, mets les valeurs sens dessus dessous, ce qui a toujours été porté aux nues, enterre-le.


*


Rappelle-toi que même si tu es fatigué ces temps-ci, construire ou inventer signifie parfois simplement continuer de voir le miracle en toute chose, continuer de t’émouvoir de pouvoir chausser tes lunettes quand tu en as besoin, par exemple, ou avoir à ta disposition un truc aussi épatant qu’un allume-feu.


*


Regarde Les moissons du ciel et rappelle-toi que le directeur de la photographie, Nestor Almenderos, finit le film quasi aveugle, rappelle-toi Renoir, qui retenait ses pinceaux entre ses doigts à l’aide de rubans et de cordes, rappelle-toi Matisse, paralysé, et de sa perche au bout de laquelle il avait fixé un fusain, rappelle-toi Frida Kahlo, peignant depuis son lit, penses-y, pense à eux et fixe à ta paralysie un courage, une rigueur.


*


Si tu n’y arrives toujours pas, contente-toi de ce qui se tient devant toi, là, sous tes yeux, et dis-toi qu’inventer est alors révéler, remettre au cœur du monde ce qui s’en était absenté, par manque d’amour ou d’attention, par exemple, vois que le cytise faux ébénier a fait sa première fleur.


*


Continue d’inventer tous les jours malgré tes soucis, inventer n’importe quoi, un mensonge, une histoire, une tarte à la meringue d’un genre nouveau, un sport qui n’existerait pas encore, et continue, continue d’inventer tous les jours la chose inventée la veille, améliore-la, même quand tu es sans force, dis-toi que toutes les grandes inventions sont les amplifications d’un détail, d’une chose infime, d’un manque.


*


Apprends à être au monde sans vouloir à tout prix te manifester, je veux dire, bâtis moins en dur que dans la matière du songe, nourris-toi de ce qui prend le moins de place et de ce qui fait le moins de bruit, et crée quelque chose de neuf avec ça, par exemple, la possibilité d’un rapport doux à ce qui t'entoure.



Antoine Wauters

Le Fonds des amis

La biennale d’Enghien offre un regard unique sur l’art contemporain et l’incroyable patrimoine de la Ville. Elle s’articule cette année autour d’un thème plus que jamais d’actualité : « Tenir debout » 


Construisons-la ensemble !

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La Fondation Roi Baudouin apporte sa collaboration à cette initiative. Les dons belges à partir de 40 € par an faits à la Fondation bénéficient d’une réduction d’impôt de 30% du montant effectivement versé (art. 145/33 CIR).

Chaque nouvelle édition est l’occasion de souligner l’importance du patrimoine local mobilier.

Cette année la présentation exceptionnelle d’une tapisserie du XVIIe siècle : « Scène Forestière au Hérons » appartenant à la Fondation Roi Baudouin (Fonds Michel Demoortel). Celle-ci dialoguera
avec les pratiques des artistes invité.e.s. au sein des anciennes écuries du château.


Scène forestière aux Hérons est la quatrième tapisserie que Michel Demoortel a offerte à la Fondation Roi Baudouin dans le cadre de son Fonds nominatif. En créant un Fonds auprès de la Fondation Roi Baudouin, Michel Demoortel souhaite protéger et promouvoir le patrimoine d’Enghien. L’œuvre est attribuée avec certitude à un atelier d’Enghien. Elle porte tant la signature que la marque d’atelier de Hendrik van der Cammen (1603-1676), fils du célèbre tisserand Philippe van der Cammen. Il s’agit d’une pièce dont on avait perdu la trace. Elle faisait partie d’une série de huit « Paysages avec
combats d’animaux », qui a été dispersée et dont trois autres pièces sont actuellement conservées respectivement au château de Gaasbeek, au Musée des Beaux-Arts de Boston et au Musée d’Art de Philadelphie.

La Biennale a pour objectif de mettre au contact d’un patrimoine d’exception des œuvres d’artistes contemporains.

À ces fins, des œuvres sont créées spécifiquement alors que d’autres sont choisies dans un souhait de résonance éclairante. L’évènement est gratuit afin de permettre une rencontre la plus ouverte possible. Son public mixte est constitué autant de néophytes que d’amateurs éclairés de l’art contemporain.

Accessibilité et émerveillement dominent grâce aux artistes qui entrent en dialogue avec l’espace surprenant des dépendances du château et le parc.

Espace Presse

NON DISPONIBLE

MIROIRS6_PRESSE.zip

32,5 MB

ADRESSE

Avenue Elisabeth
7850 Enghien

PRIX

Entrée gratuite

Trajet Enghien Biennale Miroirs 6

Informations

OUVERTURE

Tous les jours
14h — 18h

Proche de l’autoroute
2 minutes

Gare à
proximité
5 minutes à pied

Accessibilité
PMR
En partie

Parking
aisé
Gratuit